{"id":2623,"date":"2020-11-30T18:27:33","date_gmt":"2020-11-30T17:27:33","guid":{"rendered":"http:\/\/www.valerie-brenugat.fr\/site\/?p=2623"},"modified":"2020-11-30T18:27:36","modified_gmt":"2020-11-30T17:27:36","slug":"revue-de-web-novembre-5","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.valerie-brenugat.fr\/site\/revue-de-web-novembre-5\/","title":{"rendered":"REVUE DE WEB NOVEMBRE"},"content":{"rendered":"\n<p>Le traitement du Covid-19 et de l\u2019environnement dans les m\u00e9dias, la communication sanitaire et la strat\u00e9gie du Parisien pour l\u2019abonnement num\u00e9rique&nbsp;: voici les th\u00e8mes de cette revue de web automnale.<\/p>\n\n\n\n<h1>Epid\u00e9mie, m\u00e9dias et communication<\/h1>\n\n\n\n<p>Le Covid-19 a mis les m\u00e9dias et le public sous tension. Pour le site de <a href=\"https:\/\/culture-rp.com\/strategie-dinfluence\/covid-19-epidemie-mediatique-et-public-sous-tension\/\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/culture-rp.com\/strategie-dinfluence\/covid-19-epidemie-mediatique-et-public-sous-tension\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Culture RP<\/a>, Th\u00e9o P\u00e9roz, Head of Cision Insights France retourne sur un ph\u00e9nom\u00e8ne m\u00e9diatique in\u00e9dit. Apr\u00e8s la d\u00e9couverte de la Covid-19, le monde m\u00e9diatique observe les \u00e9v\u00e8nements avec prudence. Mais la propagation mondiale de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie et l\u2019annonce de la quarantaine \u00e0 Wuhan en janvier 2020 entrainent une acc\u00e9l\u00e9ration importante de flux d\u2019\u00e9changes in\u00e9dits. Ainsi, entre janvier et ao\u00fbt 2020, plus de 100 millions d\u2019articles publi\u00e9s dans le monde et plus d\u2019un milliard de mentions sur les r\u00e9seaux sociaux sont produits.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9pid\u00e9mie a exerc\u00e9 une pression sans pr\u00e9c\u00e9dent sur les capacit\u00e9s attentionnelles des publics. En f\u00e9vrier 2020, la pand\u00e9mie repr\u00e9sente 5% de tous les sujets trait\u00e9s par la presse quotidienne nationale en France. Puis \u00e0 partir des annonces de confinement du 17 mars, elle occupe plus de 60% de l\u2019espace m\u00e9diatique.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais les entreprises ont \u00e9t\u00e9 le plus durement frapp\u00e9es par l\u2019\u00e9pid\u00e9mie m\u00e9diatique. De mars \u00e0 mai 2020, 80% de la m\u00e9diatisation des marques dans la presse quotidienne est li\u00e9 \u00e0 celle de la Covid-19, avec un pic de 9 articles sur 10 pour les enseignes de la distribution alimentaire. <\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019augmentation du taux d\u2019infection d\u2019un pays engendre sym\u00e9triquement une croissance de la couverture m\u00e9diatique. Les m\u00e9dias et les publics consid\u00e8rent, en effet, avec plus d\u2019importance les \u00e9v\u00e9nements se passant \u00e0 proximit\u00e9. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne est nomm\u00e9 \u00ab la <strong>sid\u00e9ration m\u00e9diatique<\/strong> \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9pid\u00e9mie m\u00e9diatique suscit\u00e9e par la Covid-19 occupe 60% des d\u00e9bats durant presque 3 mois, avant de se stabiliser les mois suivants \u00e0 des taux sup\u00e9rieurs \u00e0 30%.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un monde devenu incertain, les m\u00e9dias peinent \u00e0 penser la crise, les informations sont transmises sans filtre et manquent de perspective. Selon un sondage r\u00e9alis\u00e9 par l\u2019Institut Viavoice, 60% des Fran\u00e7ais ont consid\u00e9r\u00e9 trop importante la place occup\u00e9e par la pand\u00e9mie dans les m\u00e9dias, 50% ont jug\u00e9 la couverture anxiog\u00e8ne et 28% catastrophique.<\/p>\n\n\n\n<p>La couverture m\u00e9diatique de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie est un triomphe de la science et de la m\u00e9decine dans le d\u00e9bat public, comme le remarquent plusieurs signataires de l\u2019Acad\u00e9mie des sciences, de l\u2019Institut de France et de l\u2019Institut du cerveau.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette confusion g\u00e9n\u00e9rale, certains s\u2019improvisent experts sanitaires et les scientifiques diffusent leur savoir en commentaires contradictoires. Selon Th\u00e9o P\u00e9roz, une information fond\u00e9e sur des observations rigoureuses et des faits scientifiques valid\u00e9s peut servir de socle \u00e0 l\u2019adh\u00e9sion citoyenne.<\/p>\n\n\n\n<p>En outre, la pand\u00e9mie facilite la propagation de fake news. Selon un sondage Ipsos, 43% des Fran\u00e7ais pensent que le virus n\u2019est pas arriv\u00e9 de mani\u00e8re naturelle. Confront\u00e9s \u00e0 une crise qui suscite plus de questions qu\u2019elle n\u2019apporte de r\u00e9ponses, les publics ont plus tendances \u00e0 adh\u00e9rer et \u00e0 propager des infox. En France, la moiti\u00e9 des fake news est li\u00e9s \u00e0 des enjeux politiques (les mesures, le confinement, etc.), des modes de traitement (aspirine, coca\u00efne, ail, etc.) ou des questions relatives aux masques. Selon des recherches du MIT, une infox a 70% de chances de plus d\u2019\u00eatre partag\u00e9e et est diffus\u00e9e 6 fois plus rapidement qu\u2019une information vraie.<\/p>\n\n\n\n<p>En offrant l\u2019opportunit\u00e9 \u00e0 chacun d\u2019\u00eatre m\u00e9diatis\u00e9, les r\u00e9seaux sociaux ont chang\u00e9 en une d\u00e9cennie des publics-spectateurs en publics-m\u00e9dias producteurs et diffuseurs de contenus.<\/p>\n\n\n\n<p>La communication sanitaire doit suivre des r\u00e8gles. Sur son <a href=\"https:\/\/www.leblogducommunicant2-0.com\/2020\/11\/17\/crise-du-covid-19-la-communication-sanitaire-est-une-cle-de-voute-essentielle-mais-pas-improvisee\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">blog<\/a>, Olivier Cimeli\u00e8re, directeur adjoint ESJ Pro Entreprise, rappelle que le gouvernement fran\u00e7ais est critiqu\u00e9 sur son inefficience face \u00e0 la pand\u00e9mie du coronavirus et sur sa communication. Entre atermoiement, esquive et cacophonie, les messages ont des difficult\u00e9s \u00e0 circuler et surtout \u00e0 convaincre la population. C\u2019est sur ce point important de la communication que trois chercheurs de l\u2019University of British Columbia au Canada ont publi\u00e9 une tr\u00e8s instructive \u00e9tude comparative sur les strat\u00e9gies de communication de crise adopt\u00e9s dans neuf pays d\u00e9mocratiques et leur impact sur la gestion de la pand\u00e9mie.<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 des protocoles sanitaires pour lutter contre le Covid-19, les neuf pays \u00e9tudi\u00e9s ont un point en commun : avoir plac\u00e9 la communication au centre de l\u2019action collective. Le S\u00e9n\u00e9gal, la Cor\u00e9e du Sud, Taiwan, l\u2019Allemagne, la Norv\u00e8ge, la Su\u00e8de, le Danemark, la Nouvelle-Z\u00e9lande et le Canada ont fait de la communication officielle, le socle de leurs actions pour combattre le virus et susciter l\u2019adh\u00e9sion et la confiance parmi leurs citoyens. Le rapport des chercheurs identifie cinq principes fondamentaux \u00e0 suivre pour assurer  un meilleur strat\u00e9gie de communication.<\/p>\n\n\n\n<p>Le premier principe : pr\u00e9f\u00e9rer l\u2019autonomie aux injonctions. Il faut d\u00e9velopper et r\u00e9p\u00e9ter des recommandations sanitaires simples \u00e0 comprendre et \u00e0 appliquer\u00a0: se laver plusieurs fois les mains au gel hydroalcoolique, tenir les bonnes mesures de distanciation, porter un masque\u2026 Cette transmission d\u2019informations doit \u00eatre aussi rapide et s\u2019appuyer sur tous les corps interm\u00e9diaires de la soci\u00e9t\u00e9 (des entreprises, des syndicats, des associations, des commerces, des \u00e9lus r\u00e9gionaux). Ils doivent s\u2019approprier de mani\u00e8re autonome et r\u00e9percuter en fonction des caract\u00e8res locaux. Cette communication claire, simple, fr\u00e9quente et r\u00e9active peut ainsi entra\u00eener une vraie dynamique collective o\u00f9 chacun se sent responsable.<\/p>\n\n\n\n<p>Deuxi\u00e8me principe : prendre en compte les valeurs, les \u00e9motions et les histoires. Dans leur rapport, les chercheurs soulignent le fait que les faits scientifiques seuls sont insuffisants pour entra\u00eener et mobiliser la population. La communication de ces faits doit se r\u00e9f\u00e9rer aux valeurs communes qui fondent la nation et \u00e0 des postures d\u2019empathie r\u00e9elle et \u00e0 des histoires ou des t\u00e9moignages du terrain. Il s\u2019agit simplement d\u2019\u00eatre dans l\u2019authenticit\u00e9, dans la gratitude pour les efforts accomplis ou dans l\u2019encouragement.<\/p>\n\n\n\n<p>Troisi\u00e8me principe : faire appel \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 civile et \u00e9couter ses attentes et ses remarques. Quant au quatri\u00e8me principe, il concerne l\u2019institutionnalisation des communications. Si les trois premiers principes rel\u00e8vent plut\u00f4t du court-terme, le quatri\u00e8me principe s\u2019inscrit dans le temps long. Une communication rapide requiert paradoxalement de pouvoir se baser sur des structures et des dispositifs construits sans attendre l\u2019\u00e9closion d\u2019une crise sanitaire. Or, dans le domaine de la sant\u00e9 publique, le budget de la communication est souvent r\u00e9duit.<\/p>\n\n\n\n<p>Le cinqui\u00e8me principe n\u00b05 est de d\u00e9crire la r\u00e9ponse sur le plan d\u00e9mocratique. Dans leur rapport, les chercheurs insistent particuli\u00e8rement sur la teinte d\u00e9mocratique du vocabulaire et des all\u00e9gories ou comparaisons \u00e0 utiliser dans une situation de crise sanitaire. Pour eux, une m\u00e9taphore inclusive peut mieux aider les citoyens \u00e0 comprendre leur r\u00f4le durant la pand\u00e9mie et le niveau d\u2019investissement attendu dans la lutte.<\/p>\n\n\n\n<h1>JT au num\u00e9rique<\/h1>\n\n\n\n<p>L\u2019environnement occupe une place plus importante dans les m\u00e9dias. A l&rsquo;occasion du festival M\u00e9dias en Seine, Fran\u00e7ois Quinton, G\u00e9raldine Poels et V\u00e9ronique Lefort ont restitu\u00e9 une \u00e9tude sur le traitement de l\u2019environnement dans les journaux t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s pour le site Internet <a href=\"https:\/\/larevuedesmedias.ina.fr\/environnement-jt-information-television-energie-climat-pollution-biodiversite\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">La revue des M\u00e9dias<\/a>. Ils ont not\u00e9 qu\u2019en un peu plus de vingt ans, le nombre de sujets consacr\u00e9s \u00e0 l\u2019<strong>environnement dans les JT<\/strong> du soir de 5 cha\u00eenes \u00ab historiques \u00bb (TF1, France 2, France 3, Arte et M6) a plus que doubl\u00e9. Parmi les sujets environnementaux, figurent les th\u00e8mes sur l\u2019\u00e9nergie, climat, pollution, biodiversit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Plusieurs actualit\u00e9s importantes ces deux derni\u00e8res ann\u00e9es peuvent expliquer le niveau in\u00e9dit atteint par les sujets environnementaux t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s ces deux derni\u00e8res ann\u00e9es : accidents (incendie de l\u2019usine Lubrizol \u00e0 Rouen, en septembre 2019 ; gigantesques incendies en Australie, essentiellement couverts en janvier 2020), ph\u00e9nom\u00e8nes m\u00e9t\u00e9orologiques extr\u00eames (s\u00e9cheresses ; canicules), politiques ( \u00ab grand d\u00e9bat national \u00bb, en janvier 2019 ; COP 25 de Madrid d\u00e9cembre 2019 ; d\u00e9mission du ministre de la Transition \u00e9cologique et solidaire, Nicolas Hulot, au micro de la matinale de France Inter, le 28 ao\u00fbt 2019 ; municipales 2020), mouvements sociaux (marches pour le climat ; \u00e9mergence de la figure de Greta Thunberg) &#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Sur cette p\u00e9riode, le JT de 20h de TF1 a trait\u00e9 le plus la th\u00e9matique environnementale (33,1 % du total de l\u2019ensemble des sujets environnements de tous les JT1), devant celui de France 2 (27 %) \u2014. Viennent ensuite les journaux t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s de France 3 (16,5 %), Arte (11,9 %) ou de M6 (11,6 %) \u2014 qui diffusent, eux, un volume de sujets beaucoup moindre dans leur JT.<\/p>\n\n\n\n<p>La progression du temps de JT consacr\u00e9 aux enjeux environnementaux a plus que tripl\u00e9, pour une dur\u00e9e quotidienne moyenne, tous JT confondus, d\u2019un peu plus de 11 min au cours des deux derni\u00e8res ann\u00e9es. D\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, les dur\u00e9es cumul\u00e9es des sujets \u00ab verts \u00bb connaissent \u00e0 peu pr\u00e8s les m\u00eames \u00e9volutions sur toutes les cha\u00eenes.<\/p>\n\n\n\n<p>En m\u00eame temps que le nombre et la dur\u00e9e des sujets s\u2019allongent, les angles varient. Jusqu\u2019en 2004-2005, les questions de \u00ab pollutions et d\u00e9chets \u00bb dominent. Depuis 2006-2007, la pollution reste souvent le sujet principal des sujets environnementaux, mais dans des proportions moindres (29,3 % de l\u2019ensemble des sujets environnement en moyenne).<\/p>\n\n\n\n<p>La seconde \u00e9volution est li\u00e9e aux enjeux climatiques. L\u2019int\u00e9r\u00eat pour ces sujets climatiques augmente en 2006-2007, ann\u00e9e marqu\u00e9e par un hiver anormalement doux et la r\u00e9union \u00e0 Paris du Groupe d\u2019experts intergouvernemental sur l\u2019\u00e9volution du climat (GIEC) pour son quatri\u00e8me rapport d\u2019\u00e9valuation, puis en 2009-2010. Le Sommet de Copenhague (COP 15) fait alors l\u2019ouverture du sujet de TF1 et de France 2, le 7 d\u00e9cembre 2009, puis sur France 2 le 19 d\u00e9cembre. Une importante couverture m\u00e9diatique est consacr\u00e9e aux manifestations \u00e0 Copenhague et les n\u00e9gociations avec la Chine et les \u00c9tats-Unis, les deux pays les plus pollueurs de la plan\u00e8te. L\u2019attention des journaux t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s \u00e0 ces enjeux climatiques atteint un pic \u00e0 nouveau en 2015-2016 (494 sujets), \u00e0 l\u2019occasion de la COP 21, qui se d\u00e9roule au Bourget, pr\u00e8s de Paris, du 30 novembre au 12 d\u00e9cembre. L\u2019\u00e9v\u00e9nement fait ainsi 6 fois l\u2019ouverture du JT de France 2 (entre le 12 novembre et le 12 d\u00e9cembre), ainsi que sur TF1 (entre 8 novembre et le 12 d\u00e9cembre), 4 fois sur France 3 (entre le 28 novembre et le 12 d\u00e9cembre) ainsi que sur Arte (entre le 30 novembre et le 12 d\u00e9cembre) et 3 fois sur M6. L\u2019organisation, par la France, de cet \u00e9v\u00e9nement, et son r\u00e9sultat, l\u2019\u00ab Accord de Paris \u00bb et une forte couverture m\u00e9diatique ont facilit\u00e9 sa m\u00e9diatisation. En outre, le climatologue Jean Jouzel notait depuis 2015 : \u00ab <em>Les animateurs ne vont plus chercher une contre-\u00e9coute syst\u00e9matique en invitant des climato-sceptiques, alors que c\u2019\u00e9tait le cas avant.<\/em> \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Si le traitement de la question climatique diminue l\u00e9g\u00e8rement les ann\u00e9es suivantes, elle maintient un niveau \u00e9lev\u00e9 (pr\u00e8s de 300 sujets par an en moyenne) et est la deuxi\u00e8me th\u00e8me environnemental trait\u00e9 dans les JT au cours des quatre derni\u00e8res ann\u00e9es. N\u00e9anmoins, 57 % des Fran\u00e7ais sond\u00e9s en 2019 estimaient le d\u00e9r\u00e8glement climatique \u00ab mal trait\u00e9 \u00bb dans les m\u00e9dias, selon le Barom\u00e8tre de la confiance des Fran\u00e7ais dans les m\u00e9dias r\u00e9alis\u00e9 par Kantar pour le quotidien La Croix.<\/p>\n\n\n\n<p>Le troisi\u00e8me grand sujet environnemental trait\u00e9 dans les JT est la biodiversit\u00e9. Le nombre de sujets a tripl\u00e9 sur les huit derni\u00e8res ann\u00e9es. Quant aux probl\u00e9matiques \u00e9nerg\u00e9tiques, elles connaissent une forte croissance jusqu\u2019en 2011-2012, ann\u00e9e marqu\u00e9e par des d\u00e9bats sur la fili\u00e8re nucl\u00e9aire fran\u00e7aise, aliment\u00e9s par les n\u00e9gociations \u00e0 ce sujet entre e le Parti socialiste et Europe-\u00c9cologie-Les-Verts (novembre) dans la perspective de l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle de 2012, et le suivi des cons\u00e9quences de l\u2019accident nucl\u00e9aire de Fukushima, au Japon, l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente.<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, le premier enseignement est que la hi\u00e9rarchisation des sujets sur l&rsquo;environnement par les deux principaux JT (en audience, dur\u00e9e, nombre de sujets) suit de pr\u00e8s la m\u00eame \u00e9volution, car ils traitent pratiquement les m\u00eames actualit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ann\u00e9e o\u00f9 la priorit\u00e9 accord\u00e9e \u00e0 l\u2019environnement est la plus forte dans ces deux JT correspond \u00e0 la p\u00e9riode 1999-2000 o\u00f9 le p\u00e9trolier Erika provoque une immense mar\u00e9e noire sur la fa\u00e7ade ouest du pays. Plusieurs crit\u00e8res ont favoris\u00e9 son important traitement m\u00e9diatique : la proximit\u00e9 de l\u2019\u00e9v\u00e8nement, la suite d\u2019\u00e9pisodes, la mat\u00e9rialit\u00e9 durable et observable de la pollution et l\u2019ampleur de la catastrophe \u00e9cologique. De plus, les enjeux environnementaux sont alors majoritairement couverts \u00e0 travers des sujets consacr\u00e9s \u00e0 la pollution.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis, tendanciellement jusqu\u2019aux ann\u00e9es 2003-2004 et 2004-2005, la th\u00e9matique environnementale est trait\u00e9e vers la deuxi\u00e8me partie des JT. Puis ces questions ont connu une priorisation de la part des journaux t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<iframe loading=\"lazy\" width=\"560\" height=\"315\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/Qi15Axa0wq0\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen=\"\"><\/iframe>\n\n\n\n<p>Le num\u00e9rique change aussi le traitement de l\u2019information. La journaliste Alexandra Patard donne la parole \u00e0 Sophie Cassam Chena\u00ef, directrice du num\u00e9rique du Parisien dans le <a href=\"https:\/\/www.blogdumoderateur.com\/strategie-parisien-abonnements-numeriques\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Blog du Mod\u00e9rateur<\/a>. Celle-ci pr\u00e9sente les leviers \u00e9ditoriaux, digitaux et techniques mis en place par le journal pour faire cro\u00eetre son nombre d\u2019abonn\u00e9s en ligne.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors que les m\u00e9dias d\u2019information traditionnels r\u00e9alisent progressivement leur transformation digitale, pour passer du print \u00e0 un format en ligne, Sophie Cassam Chena\u00ef, directrice du num\u00e9rique du Parisien, note un autre changement profond des <strong>abonnements num\u00e9riques.<\/strong> Ces lecteurs qui s\u2019abonnent aux m\u00e9dias de presse pour lire les actualit\u00e9s toute la journ\u00e9e. Cette actualit\u00e9 devient en partie payante de fa\u00e7on \u00e0 faire fonctionner ce mod\u00e8le des abonnements num\u00e9riques. Mais le d\u00e9fi reste important. Selon un sondage IPSOS, seuls 15 % des personnes interrog\u00e9es en France seraient pr\u00eates \u00e0 payer pour de l\u2019information v\u00e9rifi\u00e9e et de qualit\u00e9, alors que la moyenne s\u2019\u00e9tablit \u00e0 27 % au niveau mondial.<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les principaux freins not\u00e9s, figure l\u2019arbitrage souvent r\u00e9alis\u00e9 sur les abonnements au sein des foyers, avec notamment les m\u00e9dias d\u2019information qui sont en balance face \u00e0 d\u2019autres offres culturelles, comme Netflix, Spotify ou Deezer. L\u2019autre barri\u00e8re porte sur les r\u00e9seaux sociaux, une source d\u2019information qui est plus utilis\u00e9e aujourd\u2019hui par les Fran\u00e7ais que les m\u00e9dias d\u2019actualit\u00e9. Pour se distinguer des m\u00e9dias sociaux, ces m\u00e9dias d\u2019information disposent de journalistes professionnels qui v\u00e9rifient leurs informations.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour la directrice du num\u00e9rique, le contenu constitue le levier le plus important et il n\u00e9cessite la plus grande transformation au sein du journal. Ainsi, les \u00e9quipes \u00e9ditoriales doivent changer leur fa\u00e7on de concevoir leurs articles. Les sujets sont d\u00e9sormais s\u00e9lectionn\u00e9s et les journalistes se concentrent sur des contenus \u00e0 plus forte valeur ajout\u00e9e pour les abonn\u00e9s, tels que des enqu\u00eates, des r\u00e9cits, des longs formats, du feuilletonnage, avec de l\u2019information de qualit\u00e9, des contenus exclusifs et \u00e9tay\u00e9s. Dans sa nouvelle strat\u00e9gie, le m\u00e9dia apporte d\u00e9sormais \u00e0 ses actualit\u00e9s une dimension plus r\u00e9gionale.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour inciter les lecteurs \u00e0 s\u2019abonner, de nouvelles th\u00e9matiques ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es par le m\u00e9dia ces derniers mois comme l\u2019environnement et la sant\u00e9, un sujet d\u2019actualit\u00e9 avec la crise sanitaire actuelle.<\/p>\n\n\n\n<p>La nouvelle version de l\u2019application mobile du Parisien a des informations hi\u00e9rarchis\u00e9es et un acc\u00e8s en avant-premi\u00e8re, la veille, \u00e0 l\u2019\u00e9dition du journal num\u00e9rique. Les innovations li\u00e9es au produit et une bonne qualit\u00e9 \u00e9ditoriale permettent au journal de mettre en place un paywall, un bandeau qui bloque la lecture pour les utilisateurs non abonn\u00e9s. En 2019, moins de 1 % des articles du Parisien contenaient un paywall, aujourd\u2019hui le site et l\u2019application mobile en disposent plus de 30 %. Le m\u00e9dia propose \u00e9galement des articles premium, qui sont pass\u00e9s de 10 \u00e0 50 en un an, sur un total de 150 contenus.<\/p>\n\n\n\n<p>Si la crise li\u00e9e \u00e0 la Covid-19 est une p\u00e9riode favorable pour les m\u00e9dias d\u2019informations en g\u00e9n\u00e9ral, qui ont doubl\u00e9 voire, tripl\u00e9 leurs abonnements num\u00e9riques, tous titres de presse confondus.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, Sophie Cassam Chena\u00ef livre des conseils pour fid\u00e9liser ses abonn\u00e9s : des nouveaux contenus digitaux, tels que des podcasts d\u2019actualit\u00e9 (Code Source) ou des vid\u00e9os, des s\u00e9ries de contenus sur des th\u00e9matiques r\u00e9currentes et des contenus destin\u00e9s en particulier aux jeunes qui touchent \u00e0 60 % les moins de 35 ans.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le traitement du Covid-19 et de l\u2019environnement dans les m\u00e9dias, la communication sanitaire et la strat\u00e9gie du Parisien pour l\u2019abonnement num\u00e9rique&nbsp;: voici les th\u00e8mes de cette revue de web automnale. 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