{"id":3514,"date":"2023-09-30T09:57:06","date_gmt":"2023-09-30T08:57:06","guid":{"rendered":"http:\/\/www.valerie-brenugat.fr\/site\/?p=3514"},"modified":"2023-09-30T09:57:07","modified_gmt":"2023-09-30T08:57:07","slug":"lia-limage-et-la-culture","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.valerie-brenugat.fr\/site\/lia-limage-et-la-culture\/","title":{"rendered":"L\u2019IA, L\u2019IMAGE ET LA CULTURE"},"content":{"rendered":"\n<p>L\u2019IA et les m\u00e9dias, la communication de la Nasa et la culture scientifique&nbsp;: voici cette revue de web automnale.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>De l\u2019IA \u00e0 la Nasa<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019intelligence artificielle devrait r\u00e9volutionner l\u2019organisation du travail dans les m\u00e9dias. Xavier Eutrope, journaliste de <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/larevuedesmedias.ina.fr\/chatgpt-intelligence-artificielle-medias-utilisations\" target=\"_blank\">La Revue des m\u00e9dias<\/a> donne des exemples d\u2019application. Si le 30 novembre 2022, l\u2019arriv\u00e9e de Chat GPT a d\u00e9chain\u00e9 des d\u00e9bats m\u00e9diatiques, l\u2019<strong>IA<\/strong> \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 utilis\u00e9e auparavant par la presse. L\u2019illustration des articles en est un exemple.<\/p>\n\n\n\n<p>Un bon article n\u00e9cessite une image efficace qui donne envie de lire son contenu. Jusqu\u2019ici, illustrateurs et illustratrices, agences de presse, banques d\u2019images et photographes pouvaient \u00eatre mobilis\u00e9s. Les intelligences artificielles le sont aussi, d\u00e9sormais. En mai 2023, le JDD Magazine a fait appel \u00e0 l\u2019outil Midjourney afin d\u2019illustrer sa couverture et deux articles sur l\u2019auteur Michel Houellebecq. Leur sujet : la cr\u00e9ation et la gestion par l\u2019\u00e9crivain de sa propre image. Cependant, le magazine ne renouvellera pas, a priori, l\u2019exp\u00e9rience.<\/p>\n\n\n\n<p>Si Le Figaro a tent\u00e9 d\u2019illustrer par l\u2019IA, sa position est similaire de celle du groupe Les \u00c9chos \u2013 Le Parisien, pr\u00e9curseur \u00e0 propos des r\u00e9flexions autour de l\u2019utilisation de l\u2019intelligence artificielle par des m\u00e9dias : transparence autour de la source de l\u2019image, pas d\u2019illustration g\u00e9n\u00e9r\u00e9e automatiquement par des intelligences artificielles. Mais cela ne concerne pas les articles sur l\u2019intelligence artificielle.<\/p>\n\n\n\n<p>En outre, l\u2019\u00e9criture des articles peut \u00eatre confi\u00e9e \u00e0 l\u2019IA. En 2015, Le Monde a fait appel \u00e0 un robot pour traiter les r\u00e9sultats des \u00e9lections d\u00e9partementales et r\u00e9diger ainsi 36 000 articles.<\/p>\n\n\n\n<p>De plus, le journal s\u2019appuie \u00e9galement sur l\u2019IA afin d\u2018\u00e9diter la page d\u2019accueil du site. En se basant sur des crit\u00e8res tels que la position initiale, le nombre de vues par minute, le nombre d\u2019abonnements souscrits dans les derni\u00e8res heures, l\u2019outil de publication indique quels articles seraient \u00e0 mettre en avant pour augmenter le nombre de vues, ou au contraire lesquels il faut enlever. En 2023, il a \u00e9galement commenc\u00e9 \u00e0 exp\u00e9rimenter la production automatis\u00e9e de r\u00e9sum\u00e9s de matchs de faible importance, auxquels les journalistes ne peuvent pas assister.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis 2021, le quotidien sportif L\u2019\u00c9quipe recourt aussi \u00e0 l\u2019intelligence artificielle pour produire automatiquement certains contenus, comme des papiers listant les matchs \u00e0 venir, avec horaires et cha\u00eenes o\u00f9 les regarder. Des articles sont con\u00e7us pour le r\u00e9f\u00e9rencement des moteurs de recherche.<\/p>\n\n\n\n<p>La pr\u00e9sentation de l\u2019information en vid\u00e9o est une autre utilisation de l\u2019IA. Depuis janvier 2023, le m\u00e9dia Brut produit des vid\u00e9os gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019IA. Des contenus de quelques minutes avec un avatar num\u00e9rique ont \u00e9t\u00e9 exp\u00e9riment\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, la v\u00e9rification des chiffres avanc\u00e9s par les responsables politiques est un champ d\u2019application de l\u2019IA. Sur les r\u00e9seaux sociaux, Statcheck peut, en effet, d\u00e9tecter une statistique \u00e9voqu\u00e9e dans un tweet par exemple puis les comparer avec des bases de donn\u00e9es comme celles d\u2019Eurostat et de l\u2019Insee. R\u00e9sultant d\u2019une collaboration d\u00e9but\u00e9e en 2022 entre la radio France Info et l\u2019Inria (Institut national de recherche en sciences et technologies du num\u00e9rique), l\u2019outil est employ\u00e9 par le service de fact-checking de la radio.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, l\u2019analyse et la comparaison de documents sont un autre axe d\u2019application de l\u2019IA. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, l\u2019International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ, Consortium international des journalistes d\u2019investigation, en fran\u00e7ais), fond\u00e9 en 1997, s\u2019est fait un nom gr\u00e2ce \u00e0 ses enqu\u00eates ax\u00e9es sur les fuites de donn\u00e9es parfois importantes comme les Panama Papers\u2026. \u00ab <em>Nous utilisons du machine learning et des r\u00e9seaux de neurones <\/em>\u00bb, indique Pierre Romera Zhang, responsable de l\u2019\u00e9quipe technique du consortium. Les journalistes enseignent \u00e0 leurs machines quels genres de documents il faut chercher : les types d\u2019informations qu\u2019ils doivent contenir (noms, num\u00e9ros de t\u00e9l\u00e9phone et de soci\u00e9t\u00e9, adresse), &#8230; Sur la base de ces le\u00e7ons et des retours faits par les journalistes eux-m\u00eames sur les premiers r\u00e9sultats propos\u00e9s, le travail des robots permet de trouver facilement les informations recherch\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Le dessous des images\" allowfullscreen=\"true\" style=\"transition-duration:0;transition-property:no;margin:0 auto;position:relative;display:block;background-color:#000000;\" frameborder=\"0\" scrolling=\"no\" width=\"100%\" height=\"100%\" src=\"https:\/\/www.arte.tv\/embeds\/fr\/110342-099-A?autoplay=true&amp;mute=0\"><\/iframe>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Le cin\u00e9ma et le <strong>secteur spatial<\/strong> s\u2019inspirent mutuellement. Le magazine d\u2019Arte , <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/org-www.arte.tv\/fr\/videos\/110342-099-A\/le-dessous-des-images\/\" target=\"_blank\">\u00ab\u00a0Les dessous de l\u2019image\u00a0\u00bb<\/a>, a analys\u00e9 la fabrique des h\u00e9ros \u00e0 la Nasa. L&rsquo;agence spatiale am\u00e9ricaine a cr\u00e9\u00e9 une bande annonce digne d&rsquo;une superproduction. Le 3 avril dernier, la composition de l&rsquo;\u00e9quipage est pr\u00e9sent\u00e9e avec faste \u00e0 Houston. Le lendemain, la vid\u00e9o annon\u00e7ant les quatre astronautes s\u00e9lectionn\u00e9s est diffus\u00e9e sur les r\u00e9seaux sociaux de la Nasa. Producteur des contenus vid\u00e9os de la Nasa, Sami Aziz explique comment il a imagin\u00e9 cette vid\u00e9o qui annonce le grand retour des Am\u00e9ricains vers la Lune. Selon l&rsquo;historienne de l&rsquo;art Elsa De Smet, les agences spatiales ont nourri un imaginaire qui montre leurs astronautes en h\u00e9ros.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>De la d\u00e9sinformation \u00e0 la culture<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Si la Nasa fa\u00e7onne l\u2019image des astronautes, YouTube acc\u00e9l\u00e8re, quant \u00e0 lui, la lutte contre la d\u00e9sinformation m\u00e9dicale. A partir d\u2019un communiqu\u00e9 de l\u2019AFP, un journaliste du site Internet <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.strategies.fr\/actualites\/culture-tech\/LQ2243036C\/youtube-accelere-la-lutte-contre-la-desinformation-medicale.html\" target=\"_blank\">Strat\u00e9gies<\/a> informe que devant l&rsquo;explosion de la <strong>d\u00e9sinformation m\u00e9dicale<\/strong> depuis la crise sanitaire li\u00e9e au Covid-19, YouTube (propri\u00e9t\u00e9 de Google) a d\u00e9but\u00e9 en 2022 une chasse aux contenus anti-vaccins, puis aux contenus favorisant les troubles alimentaires. Un an plus tard, la plateforme s&rsquo;attaque aux fausses informations sur le cancer car il a constat\u00e9 que les personnes diagnostiqu\u00e9es <em>\u00ab se rendent souvent sur Internet pour se renseigner sur les sympt\u00f4mes ainsi que les parcours de soin, et trouver un sentiment [d&rsquo;appartenir \u00e0 une] communaut\u00e9 <\/em>\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;internaute qui publiera des fake news sur la sant\u00e9 aura sa vid\u00e9o enlev\u00e9e. Si apr\u00e8s trois r\u00e9cidives, sa cha\u00eene, voire son compte seront bloqu\u00e9s mais il pourra faire appel. Si YouTube d\u00e9fend une d\u00e9marche de long terme, l&rsquo;entreprise suit le r\u00e8glement europ\u00e9en r\u00e9cent, le Digital Services Act, qui exige des grandes plateformes num\u00e9riques de prendre des mesures contre la d\u00e9sinformation et autres contenus illicites. Par ailleurs, le sociologue Laurent Cordonier, de la Fondation Descartes doute de l&rsquo;efficacit\u00e9 des mesures annonc\u00e9es, et note que les publicit\u00e9s sont aussi des vecteurs de d\u00e9sinformation.<\/p>\n\n\n\n<p>Chaque minute, la plateforme re\u00e7oit plus de 500 heures de nouveaux contenus et la d\u00e9tection des fausses informations constitue un \u00ab <em>d\u00e9fi technologique \u00e9norme<\/em> \u00bb selon Youtube. Entre janvier et avril 2023, le r\u00e9seau social assure avoir supprim\u00e9 plus de 8,7 millions de vid\u00e9os, dont plus de 90% identifi\u00e9es par l&rsquo;intelligence artificielle.<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, le r\u00e9seau social a cr\u00e9\u00e9 de nouveaux outils afin de mettre en avant les contenus issus des autorit\u00e9s sanitaires et d&rsquo;h\u00f4pitaux par exemple et, en France, des messages d&rsquo;information sous les vid\u00e9os pour aider l&rsquo;utilisateur \u00e0 identifier sa source.<\/p>\n\n\n\n<p>La <strong>culture scientifique<\/strong> n\u00e9cessite une culture linguistique. Dans un article pour le site Internet de <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/theconversation.com\/sans-culture-linguistique-pas-de-culture-scientifique-213487\" target=\"_blank\">The Conversation<\/a>, Jean-Marc L\u00e9vy-Leblond, physicien, \u00e9pist\u00e9mologue, essayiste et professeur de l&rsquo;universit\u00e9 de Nice \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 C\u00f4te d\u2019Azur juge qu\u2019une bonne vulgarisation ne peut n\u00e9gliger la difficult\u00e9 et la sp\u00e9cificit\u00e9 des concepts scientifiques. Il note aussi que les facilit\u00e9s de langage peuvent avoir des effets r\u00e9gressifs sur les chercheurs eux-m\u00eames.<\/p>\n\n\n\n<p>Plusieurs probl\u00e8mes conceptuels de la physique contemporaine (la question du d\u00e9terminisme ou de l\u2019origine de l\u2019univers) trouvent leur origine dans la n\u00e9gligence des puissances de la langue et la d\u00e9sinvolture de son usage. La formalisation ne suffit pas \u00e0 \u00e9noncer et \u00e0 ma\u00eetriser le savoir. Les \u00e9quations ne disent rien si elles ne sont pas int\u00e9gr\u00e9es dans un \u00e9change communicationnel langagier leur donnant du sens.<\/p>\n\n\n\n<p>Une attitude \u00e0 la fois plus respectueuse et plus critique vis \u00e0 vis des mots utilis\u00e9s pour rendre compte des signes et des formules permettent de r\u00e9gler, ces probl\u00e8mes \u00e9pist\u00e9mologiques. Mais cela concerne \u00e9galement d\u2019autres domaines de la science actuelle comme la biologie et la g\u00e9n\u00e9tique.<\/p>\n\n\n\n<p>De plus, les probl\u00e8mes trait\u00e9s pr\u00e9c\u00e9demment sont tr\u00e8s aggrav\u00e9s par la domination, en tout cas dans les sciences de la nature, d\u2019un anglais ab\u00e2tardi (globish) tel que lingua franca. Ce langage d\u00e9pourvu de son arri\u00e8re-plan culturel et de ses connotations implicites, ne favorise pas une expression ma\u00eetris\u00e9e et une \u00e9valuation critique des n\u00e9ologismes qu\u2019exige le d\u00e9veloppement scientifique.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon l\u2019expert, il est donc n\u00e9cessaire de demander aux chercheurs scientifiques, aux journalistes et m\u00e9diateurs, une conscience plus aigu\u00eb de leur responsabilit\u00e9 linguistique et d\u2019ins\u00e9rer cette th\u00e9matique dans leur formation professionnelle.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019IA et les m\u00e9dias, la communication de la Nasa et la culture scientifique&nbsp;: voici cette revue de web automnale. De l\u2019IA \u00e0 la Nasa L\u2019intelligence artificielle devrait r\u00e9volutionner l\u2019organisation du travail dans les m\u00e9dias. Xavier Eutrope, journaliste de La Revue&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":3517,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[377],"tags":[63,403,455,443,39,293,14,42,40,84,448],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.valerie-brenugat.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3514"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.valerie-brenugat.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.valerie-brenugat.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.valerie-brenugat.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.valerie-brenugat.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3514"}],"version-history":[{"count":15,"href":"http:\/\/www.valerie-brenugat.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3514\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3533,"href":"http:\/\/www.valerie-brenugat.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3514\/revisions\/3533"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.valerie-brenugat.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3517"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.valerie-brenugat.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3514"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.valerie-brenugat.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3514"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.valerie-brenugat.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3514"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}