DESINFORMATION, COM ET TECH
La désinformation, la communication environnementale et le marketing d’une société de la Tech : voici les sujets de cette revue de web en ce début d’année.
De santé à l’environnement
« Peut-on se vacciner contre la désinformation scientifique ? » est la question centrale posée lors de cette table ronde de Médias en Seine, réunissant journalistes, scientifiques, médecin et une professionnelle du mécénat autour d’un constat partagé : la désinformation en santé fragilise la confiance dans la science et a des conséquences très concrètes sur la santé publique. Ainsi, Julia d’Astorg, Directrice des départements Science et Nature du Fonds AXA pour le Progrès humain, Mathilde Fontez, Rédactrice en chef d’Epsiloon ont échangé avec Solenne Le Hen, Journaliste santé à France Info et Mathieu Molimard, médecin pneumologue et pharmacologue, professeur de pharmacologie médicale. Cette table ronde rappelle à quel point le rôle des médias est déterminant : contextualiser, hiérarchiser l’information, rendre visibles les incertitudes sans alimenter la défiance et surtout rendre la science compréhensible sans la simplifier à l’excès. La lutte contre la désinformation n’est pas, en effet, qu’une affaire de “fact-checking” : elle est un travail collectif, éditorial et culturel, sur le temps long.
La communication environnementale requiert aussi de la rigueur. La vidéo récente de Xerfi Canal où Cathy Alegria, Directrice d’études parle de l’évolution du greenwashing au greenhushing. En effet, cette transition marque un tournant majeur : l’ère des promesses vagues est révolue, celle des preuves et de la rigueur technique s’impose. L’importance de cette mutation se traduit par un durcissement de la réglementation : directives européennes, contrôles de la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes), CSRD (Directive relative à la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises) où les allégations doivent être prouvées, sous peine de sanctions. Par ailleurs, les parties prenantes exigent des preuves : ONG, investisseurs et analystes ESG (environnemental, social et gouvernance) ne se contentent plus , en effet, de belles paroles. Enfin, la communication devient technique : exit les slogans, place aux chiffres, à la traçabilité et à la comptabilité carbone.
Intelligence artificielle et manipulation
Des milliers de sites spécialisés dans la désinformation, générés par l’intelligence artificielle, prolifèrent sur le net. Ce journal télévisé de TV5 Monde alerte sur ces faux sites d’information produits par l’intelligence artificielle. Ainsi, plus de 9500 sites en langue française sont été créés par l’IA. Or un quart des Français dont principalement les plus de 50 ans consulte un de ces sites une fois par mois. La journaliste de ce JT, Mylène Girardeau, aide à mieux les déceler. Elle cite le média Next qui les a identifiés. D’ailleurs, celui-ci a mis au point une extension gratuite Next.ink pour les navigateurs Chrome et Firefox.
Si des puissances étrangères utilisent la désinformation comme une arme de guerre pour manipuler l’opinion, certaines entreprises de défense font appel aux artifices du cinéma hollywoodien pour communiquer. Ainsi, le magazine « Dessous des Images » d’Arte décortique une vidéo de l’entreprise technologique spécialisée dans l’analyse avancée de données massives, Palantir.
Dans le clip promotionnel, Palantir, impose sa vision des conflits à venir. Depuis la réélection de Donald Trump, la Silicon Valley s’est rapprochée du pouvoir. En décembre 2024, la société américaine, diffuse une publicité dans laquelle elle présente sa vision de la guerre du futur. Le marketing de la « guerre du futur » de cette multinationale exposé dans sa vidéo soulève des questions : comment la Silicon Valley et les États reconsidèrent-ils les conflits à l’époque de l’intelligence artificielle et des hautes technologies ? Entre drones autonomes, cyberattaques et manipulation algorithmique, l’innovation peut être perçue comme une menace car ces technologies redessinent aussi les équilibres géopolitiques, les risques pour nos démocraties, et même le rapport à l’information.
De plus, ce clip de 30 secondes inspiré des films hollywoodiens questionne sur les liens entre la Silicon Valley et l’armée américaine. Damien Leloup, journaliste tech au quotidien Le Monde, analyse les relations entre ces deux acteurs de la défense américaine pour le magazine d’Arte. Laure de Roucy-Rochegonde, directrice du Centre géopolitique des technologies de l’IFRI (Institut Français des Relations Internationales), analyse, quant à elle, l’utilisation de l’intelligence artificielle dans l’art de la guerre.
Nouvelle année ! Nouvelles aventures !