REVUE DE WEB JUILLET

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Les relations des Français avec la science, l’incidence des fake news sur le comportement, les tendances des conversations sur Twitter et l’infobésité du télétravailler hyperconnecté : voici les sujets de cette revue de web en plein été.

Science et comportement

La science est une histoire de confiance avec les Français. Pour le site Internet de The Conversation, Michel Dubois, Directeur de recherche CNRS à Sorbonne Université, Martin Bauer, Directeur du master de Communication Publique et Sociale, professeur de psychologie sociale à London School of Economics and Political Science et Pauline Hervois, étudiante post-doctorante au Centre de Recherche sur les Médiations (CREM), Université de Lorraine, étudient les relations entre les Français et la science. Ils citent le directeur de l’Institut Sapiens qui notait un lien fort entre défiance et déficit de culture scientifique à la lecture du Baromètre Science et Société réalisé par Ipsos en 2020. Par ailleurs, les experts remarquent que la plupart des grandes enquêtes réalisées ces dernières années montrent qu’il faut abandonner l’idée d’une relation linéaire entre connaissance et adhésion, à prendre conscience de la relative stabilité des attitudes envers la Science comme institution et à interpréter leurs possibles fluctuations pendant les périodes agitées selon un modèle dit du saut à l’élastique (« bungee jump model »).

En outre, une enquête sur Les Français et la science 2020 a été réalisée du 28 octobre au 27 novembre 2020 auprès d’un échantillon représentatif de 3 500 Français âgés de plus de 18 ans par l’Université de Lorraine, en partenariat avec la London School of Economics and Political Science (LSE) et le Groupe d’Étude des Méthodes de l’Analyse Sociologique de la Sorbonne (GEMASS). Elle révèle que 83 %, continue à faire « un peu » ou « beaucoup » confiance aux scientifiques ou aux universitaires « pour dire la vérité sur le coronavirus ». La confiance exprimée envers les médecins est encore plus nette avec un score de 92 %. Cette confiance se distribue entre les différentes disciplines concernées par la recherche sur la Covid-19. Elle s’oriente prioritairement vers les scientifiques associés aux enjeux de santé : les virologues (90 %), les épidémiologistes (88 %), les généticiens (85 %), les chercheurs en sciences sociales (70 %) et les économistes (43 %).

La France est l’un des pays dans lequel ce sentiment d’ambivalence est le plus partagé. Selon l’enquête Les Français et la science 2020, 61,5 % de notre échantillon considère en effet que la science apporte à l’homme « autant de bien que de mal ». Enfin, l’hésitation vaccinale est largement indépendante du niveau d’éducation.

Les fausses informations sur le Covid entrainent une modification des comportements des individus. Pour le site Internet de l’ADN, le journaliste David-Julien Rahmil révèle les résultats de l’étude effectuée par la professeure Ciara Greene de l’École de Psychologie de l’University College de Dublin, et Gillian Murph de l’école de psychologie appliquée à l’University College Cork sur l’impact des fake news sur les individus.

Effectuée en mai 2020 auprès de 4 500 personnes, l’étude consistait à transmettre à chaque participant quatre informations vraies et deux infox concernant l’épidémie de Coronavirus. Après la lecture des fausses informations, le comportement des cobayes a changé légèrement les mois suivants. Seuls 5 % des participants ont déclaré être moins enclins à télécharger l’application de contact tracing après avoir vu l’information. D’autres ont créé de faux souvenirs liés à une des fake news montrées pendant l’expérience. Ils étaient convaincus d’avoir entendu cette information ailleurs.

L’influence des infox sur le comportement semble donc minime. Mais selon les deux scientifiques, la répétition de l’exposition aux fake news semblent avoir plus de conséquences sur les comportements. De plus, les scientifiques ont noté que prévenir les participants de la présence de fausses informations n’a entraîné aucune répercussion sur les résultats. Conclusion : les messages de préventions génériques diffusés par les plateformes sociales ou les gouvernements contre les fakes news seraient donc inutiles.

De twitter à l’hyperconnexion

Si Twitter est un vecteur de fake news, il est un lieu de discussions et un outil de communication pour les marques. Pour le site Internet du blog du Modérateur, Ikrame El Bouayadi, la directrice marketing de Twitter France, commente l’étude #TwitterTrends afin de traiter des tendances de conversations actuelles sur Twitter.

Réalisée entre 2019 et 2021, cette étude a porté sur plusieurs milliards de tweets autour de près de 300 000 sujets différents, et à travers 8 pays : France, États-Unis, Canada, Royaume-Uni, Australie, Espagne, Brésil et Inde.

Parmi les principales informations à retenir de cette étude, 6 tendances communes ressortent dans les 8 pays analysés : le bien être, la créativité, l’inspiration, la planète, la vie connectée et l’identité. Une augmentation de 148 % de conversations sur la technologie dans le quotidien est constatée sur les 2 années et cela s’explique partiellement par la pandémie et la généralisation du télétravail.

En revanche, la santé en France n’est pas traitée de la même façon qu’aux États-Unis ou qu’au Royaume-Uni sur Twitter. Les internautes français ont plus tendance à aborder la santé physique alors que les pays anglo-saxons échangent plus aisément sur la santé mentale. De plus, aux États-Unis, beaucoup de discussions sur ce thème portent sur l’accès et de la qualité du système de santé.

L’arrivée de la technologie dans le quotidien est l’une des tendances communes aux 8 marchés analysés. Si des sujets précis prédominent selon les pays, les sujets de discussion sur la technologie en France concernent la santé (télémédecine) et l’éducation.

Selon l’experte, les marques doivent bien comprendre ces conversations, pour des raisons de communication et de business. La pertinence culturelle est le troisième critère d’achat, après le rapport qualité-prix et la réputation et l’avis sur une marque. Selon Kantar, il existe une forte corrélation rapprochant les conversations autour d’une marque et ses revenus (70%). Ikrame El Bouayadi livre 3 conseils pour les marques qui souhaitent améliorer leur pertinence culturelle : être à l’écoute des tendances à travers des outils comme Twitter Polls et identifier les sujets en affinité avec l’audience de la marque (s’associer à des événements en lien avec les intérêts de ses clients) et exploiter les possibilités de la plateforme en termes de solutions. Twitter permet aussi un ciblage précis, qui peut se faire sur la localisation, la période, les mots clés… En outre, les vidéos de courte durée et les images figurent parmi les contenus les plus consommés du moment. Enfin, des outils dédiés aux marques tel que le Trend Takeover, qui se situe dans l’onglet Explorer, permettent d’être placé au cœur des conversations pendant 24h, sur un jour précis et avec un emplacement premium dans les tops tweets.

Le télétravailleur est inondé d’informations en raison de son hyperconnexion. Fabien Soyez, journaliste Web et Community Manager du site Internet Courrier Cadres, dévoile les résultats du Baromètre des usages numériques et de la déconnexion de Mailoop. Cette étude se penche en particulier sur la quantité d’e-mails traités quotidiennement par les salariés, les managers et les dirigeants. Ces messages entrainent des pertes de temps et de concentration.

Les salariés consacrent 1 h 40 par jour à traiter des messages électroniques. Un chiffre qui monte à 2 h 24 chez les managers, jusqu’à 3 h 40 chez les dirigeants. En volume, les collaborateurs reçoivent 24 e-mails (hors spam) chaque jour, les cadres de proximité 38, et les chefs d’entreprise 63. Les courriels qui sont à 84 % internes à l’organisation, génèrent des interruptions, de la déconcentration et de la fatigue. Selon le baromètre, 12 % des courriels des courriels ne requérant pas de traitement immédiat comme les newsletters (39 %) et les invitations (37 %).

Les e-mails consomment en moyenne 2 heures du “temps de concentration quotidien” des collaborateurs. Ainsi, sur 30 messages reçus chaque jour en moyenne, 8 ne sont jamais lus, soit 27 %. Par ailleurs, 23 % des courriels sont envoyés les matins, soirs et week-end. Les dirigeants en expédient 3 fois plus que les autres hors temps de travail.

En outre, plus de 4 réunions sur 10 durent plus de 1 h 30. Les salariés consacrent 39 minutes de leur temps en réunion, les managers 1 h 12, et les dirigeants 2 h 45. En tout, cela représente 56 minutes du “temps de concentration quotidien” des (télé)travailleurs connectés.

Pour finir cette revue de web, voici une vidéo qui retrace l’histoire du Bar des Sciences Paris (dont je suis un des acteurs) :